Schott Music

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08/01/2015

Œuvre de la semaine – Ryan Wigglesworth: Études-Tableaux

Le 16 et le 17 janvier sera donnée, au Severance Hall de Cleveland, la nouvelle œuvre pour orchestre de Ryan Wigglesworth, Études-Tableaux. La 6e Symphonie de Mahler complète le programme, interprété sous la direction de Franz Welser-Möst par l’Orchestre de Cleveland auprès duquel Wigglesworth est compositeur en résidence.

« Un acte d’interprétation » – telle est la description qu’il donne de sa nouvelle œuvre, constituée de matériaux non publiés remontant à l’année 2009. Bien que s’étant alors refusé à compléter ces esquisses, Wigglesworth ne les avait pour autant pas mis à la corbeille. Révisés et développés, ce sont ces fragments qui sont à la base d’Études-Tableaux, dont chacune des parties présente un caractère qui lui est propre. Pourtant, les idées mélodiques et harmoniques ne sont pas liées à telle ou telle partie en particulier, mais se déplacent – parfois sous forme de variations – à travers l’œuvre entière. La partie principale de l’œuvre elle-même consiste en de petits épisodes rapides dont les frontières s’effacent à vue d’œil. Elle est encadrée par de courtes séquences en forme de choral, ainsi que par un solo de clarinette et d’autres sections marquées par la superposition des tempi lents et des tempi rapides. Malgré un tel éventail d’ingrédients, Wigglesworth ne perd jamais de vue le grand tout :

Je voulais former, à partir de ces différents éléments, une forme en voûte unique, à l’intérieur de laquelle tous les segments (parfois avec, parfois sans transition) se fondraient les uns dans les autres sans solution de continuité. – Ryan Wigglesworth

La collaboration avec l’Orchestre de Cleveland, qui est le commanditaire de l’œuvre, a pu avoir lieu grâce à l’aide du Young Composer’s Endowment Found, qui avait déjà soutenu Jörg Widmann dans la Saison 2010 / 2011. Le 6 février 2015, Études-Tableaux sera donnée au Centre Barbican de Londres, avec le BBC Symphony Orchestra placé sous la direction de Wigglesworth.

01/01/2015

Œuvre de la semaine – Erich Wolfgang Korngold: Straussiana

Les Concerts de nouvel an du Staatsoperette Dresden (Opérette d’État de Dresde), les 1er, 4, 8 et 9 janvier 2015, sont placés sous la thématique des « Straussiana ». Ce titre, tout comme l’idée d’un hommage à Johann Strauss, est tiré de l’œuvre maîtresse de la soirée, Straussiana d’Erich Wolfgang Korngold. L’orchestre de l’Opérette de Dresde, placé sous la direction d’Andreas Schüller, mettra le meilleur de lui-même au service d’autres arrangements d’œuvres de Strauss réalisés par Korngold, ainsi, bien sûr, que de quelques œuvres originales du roi de la valse.

Korngold, contraint en 1934 à s’exiler à Hollywood, tenta de reprendre pied en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1949 et 1951, il séjourna de nouveau dans sa patrie autrichienne, sans pouvoir cependant y renouer avec ses anciens succès, ce qui l’amena finalement à retourner en Amérique. C’est là que le compositeur écrivit en 1953 sa dernière œuvre, Straussiana – en référence à Johann Strauss. Korngold en conçut les trois mouvements « Polka – Mazurka – Valse » à partir de mélodies empruntées à des œuvres relativement peu connues comme « La Princesse Ninetta », « Cagliostro à Vienne » et « Le Chevalier Pasman », dont il tira un pot-pourri richement varié et brillamment instrumenté. Il avait entrepris, depuis les années 1920, un intense travail sur les opérettes de Johann Strauss, et ses arrangements en avaient aidé certaines à faire l’objet de reprises. L’œuvre pour piano Geschichten von Strauss (Histoires de Strauss) op. 21 date de cette période. L’enthousiasme de Korngold pour les compositeurs d’opérette est rapporté par son père, le critique musical Julius Korngold :

Quand le hasard le mit devant l’obligation d’avoir à étudier et à diriger une opérette de Strauss, s’éveilla en lui le profond besoin de redonner un élan à l’intérêt pour la musique de Strauss, si séduisante mais cependant bannie du répertoire. Ce fut le coup d’envoi de la volonté d’Eric d’œuvrer à une sorte de renaissance straussienne. – Julius Korngold

Après avoir vécu la guerre et l’exil, il est très probable que le compositeur, coupé entretemps de ses racines, ait, par le truchement de cet hommage renouvelé à Strauss, renoué des liens avec ses douloureux souvenirs de temps meilleurs et de sa ville natale de Vienne. Quatre ans seulement le séparent alors de sa mort, survenue à Hollywood alors qu’il était âgé de 60 ans.