Paramètres
 
Panier (0 article)
Mon panier

Votre panier est vide.

Schott Music

Aller au contenu principal »

03/07/2017

Œuvre de la semaine: Conlon Nancarrow – Studies for Player Piano

Conlon Nancarrow a composé presque exclusivement pour un instrument: le piano mécanique automatique dénommé « Player Piano ». Les Studies for Player Piano (Études pour piano mécanique) forment un recueil de plus de 50 œuvres isolées. Le 8 juillet 2017, l’Ensemble Modern exécute pour la première fois au Brésil, à l’Auditório Claudio Santoro de Campos do Jordão, la Study No. 7 (Étude N° 7), dans une transcription pour orchestre de chambre, sous la direction de Vimbayi Kaziboni.

Ce compositeur, né en Arkansas en 1912, après avoir également écrit de la musique de chambre au début de sa carrière, ne composa plus, à partir de la fin des années 1940 et pendant plusieurs décennies, que des pièces sans instrumentistes: souvent insatisfait de la réalisation de ses œuvres, et pour avoir entendu à l’occasion s’exprimer aussi le désagrément des interprètes devant la complexité de ces compositions, Nancarrow chercha une solution alternative  sans musiciens. Dès lors, il ne composa plus que des œuvres pour piano mécanique. Il s’acheta ainsi un instrument de cette sorte – qu’il modifia selon ses représentations sonores – ainsi que l’indispensable machine permettant de poinçonner manuellement les rouleaux. Chaque pièce fut nommée par lui tout simplement « étude », et chaque fois pourvue d’un numéro d’ordre. Dans quelques-unes des premières études, il transposa des éléments tirés du jazz ou du tango, d’autres œuvres plus tardives furent composées sur des principes de canon. Toutes ont en commun – outre leur destination instrumentale – une complexité rythmique que Nancarrow, après des calculs mathématiques d’une grande précision, reportait ensuite sur les rouleaux.

Les Studies for Player Piano de Nancarrow: un défi rythmique

Dans les années 1980, la renommée et la popularité Nancarrow, alors retiré au Mexique, furent animées d’une nouvelle vitalité à l’occasion de sa collaboration avec György Ligeti. De la fascination pour l’association de la précision mathématique à l’expressivité musicale naquit le souhait de rendre les Studies for Player Piano accessibles au jeu des instrumentistes. Entretemps, un grand nombre de pianistes sont devenus capables d’exécuter ces Études, et il en existe de nombreux arrangements pour différents effectifs. L’Ensemble Moderne joue la Study No. 7, qui, avec ses six minutes de durée d’exécution, fait partie des plus longues et des plus complexes parmi les premières études. La pièce est basée sur deux tempi différents, la vitesse et l’épaisseur sont en perpétuelle augmentation. Afin de faire justice aussi bien aux exigences rythmiques qu’aux besoins de l’expression musicale, une exactitude absolue de jeu est requise. L’arrangement pour orchestre de chambre est dû à Yvar Mikhashoff.

Je ne fais qu’écrire de la musique, tout simplement. Et il se produit comme de soi-même que beaucoup de mes pièces soient injouables. Je n’ai d’aucune manière l’intention de les rendre injouables. Et quelques-unes de mes pièces peuvent même très facilement être jouées – quelques-unes, très peu nombreuses. – Conlon Nancarrow

Un autre concert avec la Study No. 7 est présenté par l’Ensemble Moderne dans le cadre de sa tournée au Brésil le 10 juillet à São Paulo.

 

Photo: © Otfried Nies (Conlon Nancarrow)