Schott Music

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01/01/2015

Œuvre de la semaine – Erich Wolfgang Korngold: Straussiana

Les Concerts de nouvel an du Staatsoperette Dresden (Opérette d’État de Dresde), les 1er, 4, 8 et 9 janvier 2015, sont placés sous la thématique des « Straussiana ». Ce titre, tout comme l’idée d’un hommage à Johann Strauss, est tiré de l’œuvre maîtresse de la soirée, Straussiana d’Erich Wolfgang Korngold. L’orchestre de l’Opérette de Dresde, placé sous la direction d’Andreas Schüller, mettra le meilleur de lui-même au service d’autres arrangements d’œuvres de Strauss réalisés par Korngold, ainsi, bien sûr, que de quelques œuvres originales du roi de la valse.

Korngold, contraint en 1934 à s’exiler à Hollywood, tenta de reprendre pied en Europe après la Deuxième Guerre mondiale. Entre 1949 et 1951, il séjourna de nouveau dans sa patrie autrichienne, sans pouvoir cependant y renouer avec ses anciens succès, ce qui l’amena finalement à retourner en Amérique. C’est là que le compositeur écrivit en 1953 sa dernière œuvre, Straussiana – en référence à Johann Strauss. Korngold en conçut les trois mouvements « Polka – Mazurka – Valse » à partir de mélodies empruntées à des œuvres relativement peu connues comme « La Princesse Ninetta », « Cagliostro à Vienne » et « Le Chevalier Pasman », dont il tira un pot-pourri richement varié et brillamment instrumenté. Il avait entrepris, depuis les années 1920, un intense travail sur les opérettes de Johann Strauss, et ses arrangements en avaient aidé certaines à faire l’objet de reprises. L’œuvre pour piano Geschichten von Strauss (Histoires de Strauss) op. 21 date de cette période. L’enthousiasme de Korngold pour les compositeurs d’opérette est rapporté par son père, le critique musical Julius Korngold :

Quand le hasard le mit devant l’obligation d’avoir à étudier et à diriger une opérette de Strauss, s’éveilla en lui le profond besoin de redonner un élan à l’intérêt pour la musique de Strauss, si séduisante mais cependant bannie du répertoire. Ce fut le coup d’envoi de la volonté d’Eric d’œuvrer à une sorte de renaissance straussienne. – Julius Korngold

Après avoir vécu la guerre et l’exil, il est très probable que le compositeur, coupé entretemps de ses racines, ait, par le truchement de cet hommage renouvelé à Strauss, renoué des liens avec ses douloureux souvenirs de temps meilleurs et de sa ville natale de Vienne. Quatre ans seulement le séparent alors de sa mort, survenue à Hollywood alors qu’il était âgé de 60 ans.