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Schott Music

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Œuvre de la semaine – György Ligeti : Le Grand Macabre

13/02/2017

Du 17 au 19 février, les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Berlin jouent, sous la direction de Sir Simon Rattle, Le Grand Macabre de György Ligeti. La direction de l’interprétation semi-scénique est confiée à Peter Sellars. Ces représentations de l’Orchestre philharmonique de Berlin ont été précédées par celles qu’ont données de l’œuvre, au début de cette année, les musiciens du London Symphony Orchestra.

La principauté fictive du Breughelland, devant les coulisses de laquelle se joue l’opéra, est représentée, dans la lecture de Sellars, par l’Europe moderne. Mais on y retrouve cependant le personage principal, le crépusculaire Nekrotzar, un démagogue inébranlablement convaincu de la mission dont il est investi. Lui, le Grand Macabre, annonce la fin du monde. Très peu de ses congénères semblent, du reste, éprouver d’intérêt pour cette menace : au lieu de répandre la peur et l’effroi, il se retouve déchu au sein de la compagnie des ivrognes du Breughelland. Lorsque la terre semble réellement se trouver menacée de disparition, les ivrognes ont déjà fait le choix du ciel, seulement pour pouvoir survivre, à la fin. Seul Nekrotzar meurt d’affliction – car il a échoué dans sa mission sacrée.

Le Grand Macabre de Ligeti : une apocalypse en totale ébriété

Musicalement parlant, Ligeti a largement recours à de vastes ressources en provenance de la musique classique et de la musique populaire, mais toutefois sans qu’y figure aucune citation directe. Il fait beaucoup plus appel à des techniques de déformation du matériau obtenues en procédant par ajouts ainsi que par allusions. On croit ainsi reconnaître les styles de l’Orfeo de Monteverdi, l’Eroica de Beethoven, ou les Pink Floyd. Ligeti définit lui-même Le Grand Macabre  comme un « Anti-Anti-opéra ». La double négation a pour objet d’inviter à reprendre en mains des éléments opératiques traditionnels dans une époque de négation du théâtral et du théâtre musical expérimental. Il atteint ici à l’union de l’opéra traditionnel et de l’avant-garde. À l’origine du livret de Michael Meschke se trouve la pièce de théâtre La Balade du Grand Macabre, de Michel de Ghelderode. L’absurdité des situations scéniques et le recours à la vulgarité de la langue donnent naissance à un humour très particulier, caractéristique de l’opéra :

Mon opéra est une sorte de farce noire, une pièce faite de ridicule et d’humour, mais en même temps parfaitement tragique […]. Au centre de la pièce figurent la peur de la mort, l’impossibilité de changer le destin, ainsi que les actions et les contraintes par lesquelles on essaye en vain d’échapper à la factuelle implacabilité de la mort. Une des stratégies (ou l’un des rêves) permettant de tenter d’échapper à ce destin consiste à vouloir tourner la mort en ridicule. – György Ligeti

Après les trois représentations du Grand Macabre à Berlin, les musiciens de l’Orchestre philharmonique de Berlin présenteront l’œuvre dans le cadre de leur résidence de la Ruhr (RuhrResidenz) : du 23 au 25 février, ils sont les hôtes du Konzerthaus de Dortmund et de la Philharmonie de Essen, où ils feront entendre en outre d’autres œuvres de Ligeti.

Photo: Tristram Kenton (Performance de la London Symphony Orchestra)