Schott Music

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27/06/2016

Œuvre de la semaine – Hans Werner Henze : Elegy for Young Lovers

Il était l’un des compositeurs allemands les plus importants du XXe siècle : le 1er juillet 2016, Hans Werner Henze aurait eu 90 ans. À cette occasion, l’Académie Liszt et le concours de chant « Armel Opera Competition » de Szeged (Hongrie) présentent son opéra Elegy for Young Lovers (« Élégie pour jeunes amants ») dans une production signée András Almási-Tóth. Pour la première du 2 juillet au Théâtre Thalia de Budapest, le rôle principal est tenu par le baryton sud-coréen Kim Boran, rôle pour lequel il a été choisi à l’issue du concours. L’Orchestre philharmonique Pannon est placé sous la direction de Gergely Vajda.

L’action de l’ Elegy for Young Lovers se déroule dans un hôtel de montagne des Alpes autrichiennes, où se rend chaque année le poète Gregor Mittenhofer. Il vient y chercher l’inspiration à partir des visions et des représentations délirantes d’une dame du nom de Hilda Mack, qui attend en vain depuis 40 ans déjà le retour de son époux disparu en montagne. Arrivée à l’hôtel, la muse de Mittenhofer, Elisabeth Zimmer, tombe amoureuse de Toni Reischmann, le fils du médecin de Mittenhofer. Jaloux et blessé, Mittenhofer quitte Elisabeth, non sans demander cependant un dernier geste d’amour : en soutien de sa vision, le jeune couple ira lui cueillir une fleur d’edelweiss du Hammerhorn. Mais les jeunes amoureux meurent dans une tempête de neige – étroitement enlacés. Au cours d’une lecture, le poète présente ainsi sa toute nouvelle œuvre « Élégie pour jeunes amants » : « afin que nulle mort ne les sépare ».

Élégie pour jeunes amants de Hans Werner Henze – un opéra avec « des personnages modernes, des forts et des faibles »

Henze a travaillé à l’écriture du livret d’ Elegy for Young Lovers en collaboration avec les écrivains américains Wystan Hugh Auden et Chester Kallman. Henze se mit à la composition dès la fin de l’écriture du livret, et sa collaboration avec Auden, qu’il admirait depuis de longues années, représenta pour lui l’accomplissement d’un vœu intense :

J’ai dit que j’aimerais avoir un petit ensemble de chanteurs et un petit ensemble instrumental qui ne dépasse pas les 20 musiciens. Ces instruments pourraient le cas échéant jouer dans la dramaturgie un rôle en relation avec les personnages. J’ai dit que j’aimerais bien que ce soit un drame psychologique, un drame de chambre, traitant, dans ses grandes lignes, de culpabilité et d’expiation, c’est à dire de thèmes subtils et complexes. J’étais heureux de ce projet, j’entendais déjà en lisant le texte le vent artificiel du Hammerhorn siffler dans mes oreilles, j’entendais les premières notes de la musique des amants : fleurs tendres, colchiques, pensées, la voix – éructant grotesquement à la Wotan et chargée de tonnerre – de Mittenhofer, le poète au cœur froid menant sa muse au sacrifice. Il s’agissait de personnes, de personnes modernes, avec leurs faiblesses et leurs forces, de mortels, pas de dieux ni de héros ou je ne sais quels êtres surnaturels. – Hans Werner Henze.

Henze créa ainsi l’un des opéras les plus célèbres de la seconde moitié du XXe siècle. Après la première de Budapest ont lieu au Theater an der Wien (Vienne) dans la saison 2016 – 2017 cinq autres représentations d’ Elegy for Young Lovers, avec l’Orchestre symphonique de Vienne dirigé par Marc Albrecht. Le 90e anniversaire de Henze sera également fêté à son lieu de naissance ainsi que dans sa résidence d’élection italienne : à Gütersloh, le théâtre de cette ville organise le 1er juillet un concert de gala autour de mélodies et de musique de chambre, et à Montepulciano, le 23 juillet, sont donnés le ballet–pantomime L’usignolo dell’imperatore (Le rossignol de l’empereur) et la Seconda sonata per archi.