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Schott Music

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Œuvre de la semaine – Paul Hindemith: Symphonie « Mathis der Maler »

avril 10th, 2017

La Symphonie « Mathis der Maler » (Symphonie « Mathis le peintre ») a été conçue à partir du travail de Paul Hindemith sur son opéra du même nom. Le sujet choisi par le compositeur en est le rétable d’Issenheim du peintre Matthias Grünewald, un chef d’œuvre de la Renaissance. La Filharmonica de la Scala se fait l’interprète de l’œuvre le 10 avril sous la direction de Daniele Gatti. Par ailleurs, cette Symphonie figure également au programme du concert de Pâques de la Philharmonie du Nordharzer Städtebundtheater (réunion des théâtres municipaux du Haut-Harz en Allemagne) les 14 et 15 avril à Halberstadt et Quedlinburg, sous la direction de Johannes Ringer. Le 15 avril en outre, on pourra entendre la pièce dans le cadre de la Philharmony de Colorado Springs, avec Thomas Wilson au pupitre.

Chaque mouvement de la Symphonie décrit un tableau du rétable d’Issenheim : le premier mouvement Engelkonzert (« Concert des anges ») sert également, dans sa double fonctionnalité, d’ouverture à l’opéra. Sur le plan musical, le compositeur fait référence à un ensemble de trois anges jouant de la musique pour Marie et l’enfant Jésus. Le bref deuxième mouvement, Grablegung (« Mise au tombeau »), est consacré à l’aile du retable traitant de l’inhumation de Jésus. La musique, empreinte de douceur dans le sentiment de la dignité du deuil, établit un contrepoint à la violence de la crucifixion. Le Finale La tentation de Saint-Antoine construit sa description musicale sur la nature sauvage et bizarre du sujet traité: Le Saint est torturé dans son sommeil par de grotesques figures de démons qui le soumettent à la tentation. La lente ouverture du mouvement est ici interrompue par une attaque subite des percussions, et remplacée par un rapide ostinato. Un chant mélodique moyenâgeux représente la victoire d’Antoine sur ses tentateurs, et ramène au concert des anges, qui conclut le mouvement.

 

La Symphonie « Mathis der Maler » de Hindemith: Un triptyque sonore

 

La Symphonie « Mathis der Maler » marque le début d’un changement de style chez Hindemith. Nouvelle est la recherche sur de couleurs sonores inaccoutumées; il en est ainsi du renforcement des instruments à vent. Mais des éléments de son langage sonore précédent, comme les fondements polyphoniques de l’écriture et le caractère rhapsodique de la mélodie, restent cependant toujours bien présents. Pour ce qui est du matériau de sa symphonie, Hindemith en revint à des modèles de forme musicale tels que la chanson populaire Es sungen drei Engel ein’n süßen Gesang (« Trois anges chantaient un chant suave »). Cette chanson donne sa marque à toute la symphonie, où elle joue le rôle d’un Cantus firmus passant de voix en voix. C’est ainsi que Hindemith fait appel à des formes anciennes qu’il remplit d’une nouvelle vie grâce à ses propres compositions musicales:

Ce que joue l’orchestre ne relève pas d’une invention à part entière. D’anciennes chansons populaires, des querelles vocales datant de la Réforme, ainsi que des éléments de chant grégorien constituent la terre nourricière de la musique de Mathis. – Paul Hindemith

Par la suite, c’est la Philharmonie de Pforzheim qui reprendra la Symphonie « Mathis der Maler », le 30 avril sous la direction de Markus Huber. Les 12 et 14 mai, elle sera donnée par l’orchestre philharmonique de Cottbus dirigé par Ivo Hentschel. En parallèle, l’opéra Mathis der Maler  reste à l’affiche du Théâtre d’État de Mayence encore jusqu’au 7 mai.

 

Photo: Jörgens.mi (CC BY-SA 3.0)