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Schott Music

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03/04/2017

Œuvre de la semaine – Richard Strauss: Die Frau ohne Schatten

L’année 2019 sera celle du centième anniversaire de l’opéra féérique Die Frau ohne Schatten (La Femme sans Ombre), l’un des chefs-d’œuvre du duo compositeur – librettiste constitué par Richard Strauss et Hugo von Hofmannstahl. Elle sera représentée à l’Opéra national de Berlin le 9 avril, dans une mise en scène de Claus Guth. Zubin Mehta est à la direction musicale de cette coproduction avec le Théâtre de la Scala de Milan et l’Opéra royal de Covent Garden à Londres. Une semaine plus tard a lieu la Première de la mise en scène réalisée par Andreas Kriegenburg à l’Opéra d’État de Hambourg, sous la direction de Kent Nagano.

Le bonheur du couple impérial est menacé: dans l’année qui vient, l’impétratrice, issue du monde des esprits, doit mettre au monde un enfant, sous peine de voir l’empereur changé en pierre. Mais son épouse est infertile, « elle n’a pas d’ombre ». Dans le monde des petites gens, le teinturier Barak et sa femme sont également malheureux. Les deux mondes et les deux femmes sont mis en présence; la nourrice de l’impératrice propose à la teinturière un pacte: en échange de la richesse et de la beauté, elle doit faire l’échange de son ombre ainsi que de son enfant en gestation. La teinturière se laisse séduire et donne son accord à ce marché. En rêve, la conscience de l’impératrice se manifeste: elle se sent coupable envers son époux, qui est menacé de pétrification, mais également envers le couple de teinturiers, dont le bonheur est menacé par l’échange des ombres. Cependant, la teinturière se moque de son mari, et lui avoue la vente de son ombre. Quand le teinturier s’aperçoit qu’en effet, elle ne porte plus d’ombre, il veut tuer sa femme. L’impératrice cependant attend son jugement, dans le domaine des ombres, mais, envahie de pitié à l’égard du couple de teinturiers, réconcilié entretemps, elle ne peut se résoudre à accepter l’ombre ainsi libérée. Elle doit donc assister à la transformation de son époux en pierre. Mais le destin lui est favorable, car son époux est libéré, et le couple de teinturier peut revenir dans le monde des hommes.

Die Frau ohne Schatten de Richard Strauss : deux mondes, deux couples, deux conflits.

Die Frau ohne Schatten est, musicalement parlant, l’un des opéras les plus exigeants de Strauss. L’effectif habituel de l’orchestre symphonique est complété par des percussions, un orgue, des machines à vent et à tonnerre, ainsi que par un harmonica de verre. L’œuvre entière est constituée de leit-motivs, comme celui de l’impératrice qui, composé de ses seuls intervalles de quarte, quinte et octave, reste dans une indétermination tonale soulignant sa nature incertaine entre le monde des esprits et le monde des hommes. Hofmannstahl, dans son écriture du livret, prit modèle sur La Flûte Enchantée de Mozart. Il souhaitait, lui aussi, proposer un conte à forte dimension morale fondé sur l’histoire de deux couples bien différenciés. Mais les évènements contemporains tels l’émergence de la psychanalyse ou la première guerre mondiale interfèrent dans le sujet. Le travail sur le texte et sur la musique eut lieu en parallèle, et le librettiste et le compositeur ne manquèrent pas de s’influencer l’un l’autre. Strauss se réjouissait du magnifique texte de Hofmannstahl:

Je quitte à l’instant Hofmannstahl, qui est en train de me soumettre un nouveau matériau magnifique, le plus beau du beau, noble, fantastique, tu seras ravie. – Richard Strauss à son épouse Pauline Strauss-de Ahna.

Die Frau ohne Schatten sera également représentée les 13 et 16 avril à Berlin, dans les cadre des « Festtage » 2017 (Festival) de l’Opéra. À Hambourg, 5 représentations en auront lieu d’ici le 7 mai. L’Opéra de Leipzig reprendra la pièce le 23 avril, et elle figurera au programme du Festival d’Opéra de Munich pour deux représentations au mois de juillet.

 

Photo: Brescia/Amisano (Coproduction du Teatro alla Scala di Milano 2012)