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Schott Music

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Œuvre de la semaine: Andrew Norman – A Trip to the Moon

12/06/2017 Andrew Norman: A Trip to the Moon (Illustration: Doro Huber)

Le premier opéra d’Andrew Norman A Trip to the Moon (« Le Voyage dans la Lune »)     rassemble des professionnels et des amateurs. Le projet choral « Vokalhelden » (« héros vocaux ») fait partie du programme pédagogique de l’Orchestre Berliner Philharmoniker et donne aux enfants, aux adolescents et aux adultes qui aiment chanter la possibilité de participer concrètement à une représentation professionnelle en commun avec les musiciens du Philharmonique, sous la direction de Simon Rattle. La création concertante en langue allemande a lieu le 17 juin 2017 à la Philharmonie de Berlin.

L’inspiration pour son opéra A Trip to the Moon est venue à Norman du film muet du même nom tourné par Georges Méliès en l’année 1902 – et qui, par là-même, fut bien le premier film de science-fiction. Le pionnier du film lui-même joue un rôle dans la pièce de Norman, et même un rôle parmi les plus importants. C’est une histoire qui parle autant aux enfants qu’aux adultes: le voyage dans l’espace, les échanges interculturels, la peur, les menaces, l’amitié sont autant de thèmes qui ne perdent jamais leur attrait. Un groupe de savants entreprend le voyage jusqu’à la lune dans une fusée. Mais celle-ci doit être réparée avant de pouvoir effectuer le voyage de retour. C’est ainsi que les chercheurs font la connaissance des habitants de la lune. Les prudentes tentatives de rapprochement des deux cultures étrangères l’une à l’autre sont interrompues lorsqu’un des enfants de la lune disparaît et que les savants sont soupçonnés de l’avoir enlevé. Au bout du compte, tout s’explique: les savants parviennent à repousser le monstre qui, en réalité, est responsable de l’enlèvement, à l’aide de leurs parapluies. La reconnaissance des habitants de la lune leur vaut de recevoir en cadeau des baguettes magiques avec lesquelles ils parviennent à remettre la fusée en parfait état de marche.

A Trip to the Moon de Norman: les obstacles de la communication

Au contraire du film de Méliès Le Voyage dans la Lune, les spectateurs de l’opéra de Norman ne sont pas confrontés à une action sans paroles et sans son. Et si les habitants de la lune ne parlent pas la langue des savants, ils parlent la leur: le « moonish » (le « lunien »). De nouvelles voies de communication doivent être inventées. La musique sert d’un côté à illustrer les différences, mais aussi, d’un autre, à permettre de mieux comprendre les situations et à servir de pont entre les cultures. Alors que les savants ne chantent pas, mais se contentent de parler, les gens de la lune, eux, communiquent et chantent dans leur langage aux sonorités étrangères, composé exclusivement de voyelles. En imitant ce langage, Georges se rapproche de l’habitante de la lune Eoa, et jette les bases d’un échange. Pour les habitants de la lune, la musique joue également un autre rôle important: à chaque enfant correspond une note, qui est la sienne en propre dans une gamme: ce n’est que lorsque toutes les notes de la gamme retentissent que les habitants de la lune peuvent être sûrs qu’il ne manque personne. Norman réunit également les mondes jusque dans l’effectif de la pièce: elle est en effet composée pour des professionnels comme pour des amateurs, pour des enfants comme pour des adultes. C’est ainsi que les musiciens du Philharmonique de Berlin sont soutenus par quelques jeunes instrumentistes, et que les solistes professionnels des chœurs de héros vocaux sont renforcés par des enfants, des adolescents et des adultes.

Comme nous nous en sommes aperçus, inventer un nouveau langage représente un travail considérable! Mais j’ai été enthousiasmé par le potentiel qui se trouve à devoir combiner ensemble jusqu’aux syllabes avec les hauteurs de notes et les mouvements, pour ainsi créer un nouveau monde gestuel. Mon objectif était d’amener le public à se mettre dans le rôle de « l’Autre », obligé à s’y retrouver sans l’aide d’un langage commun. – Andrew Norman

Après une autre représentation à la Philharmonie de Berlin le 18 juin, A Trip to the Moon sera donné le 9 juillet au Barbican Center de Londres par le London Symphony Orchestra avec les chœurs des Discovery Choirs du LSO ainsi que du LSO Community Choir. Les 2 et 3 mars 2018, l’œuvre sera présentée à Los Angeles. Elle y sera jouée par l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles et ses chœurs, dans le Concert Hall Walt Disney.

 

Illustration: Doro Huber