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Schott Music

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18/12/2017

Œuvre de la semaine : Rodion Chtchedrin – Le vagabond ensorcelé.

L’opéra concertant Le vagabond ensorcelé du compositeur russe Rodion Chtchedrin est présenté à l’occasion de son 85e anniversaire le 19 et le 20 décembre 2007 à la Philharmonie de Munich sous la direction de Valéry Gergiev. C’est dans un roman classique de l’écrivain russe Nicolaï Leskov que Chtchedrin en trouva l’inspiration.

À l’extérieur de la Russie, ce roman, avec son intrigue particulièrement complexe, est peu connu : le personnage principal, Ivan, jette un regard rétrospectif sur sa vie mouvementée et remplie d’aventures. Après s’être rendu coupable, dans sa jeunesse, du meurtre d’un moine, Ivan a été maudit par l’esprit de sa victime. Dans sa vie de souffrances ne l’attendent que la mort et l’espoir de la rédemption. Son destin se met en œuvre et, après avoir été prisonnier des Tartares et avoir accompli son service militaire, il entre au service d’un prince en tant qu’administrateur de ses richesses. Mais Ivan tombe amoureux de la danseuse Groucha, et il dépense pour elle l’argent qui est confié à sa garde. Or, lorsque le prince s’aperçoit de cette forfaiture, il s’éprend immédiatement de Groucha, et elle de lui, si bien qu’Ivan reste seul, le cœur brisé. Lorsque le prince cesse d’éprouver du désir pour elle, il se met rapidement en quête d’une nouvelle fiancée qui soit très riche. Dans son désespoir, Groucha se rend vers de hautes falaises, mais elle y fait la rencontre d’Ivan. Elle le supplie alors de lui donner la mort, faute de quoi elle se sentirait dans l’obligation de tuer le prince et sa nouvelle fiancée. En preuve de son amour pour elle, Ivan précipite Groucha du haut des falaises, et entre dans un couvent pour y expier ses fautes.

Rodion Chtchedrin – Le vagabond ensorcelé : un drame de la destinée.

Dans tous ses opéras, le compositeur Chtchedrin, qui vit à Munich et à Moscou, séduit le public par son emploi de la musique de l’ancienne Russie. Dans sa composition dramaturgique Le vagabond ensorcelé, on retrouve des transcriptions de musiques traditionnelles orales de bergers, de chansons à boire, et bien d’autres sources musicales. Il assigne les différents rôles à des solistes répondant à la répartition traditionnelle de l’oratorio, ce pourquoi il donne à cette œuvre le sous-titre « opéra pour la scène de concert » (opéra concertant).

Certains trouveront peut-être qu’il s’y trouve un trop grand nombre de ressorts dramatiques, mais la forme de l’opéra me permet de raconter cette histoire colorée avec tous ses dérèglements en faisant appel à des contrastes s’opposant durement les uns aux autres, bien plus que la musique symphonique ne permettrait de le faire. J’espère que le public sera capable de suivre l’histoire avec un intérêt toujours renouvelé, et qu’il sera comme attiré dans le récit proposé par Leskov, en éprouvant, au bout du compte, de la sympathie et de la compassion pour les personnages et pour leur destinée. – Rodion Chtchedrin.

Un autre opéra de Chtchédrin, Un conte d’hiver, est présenté à Saint-Pétersbourg le 23 décembre 2017. Par ailleurs, à l’occasion du chiffre rond de cette date d’anniversaire, un concert est dédié au compositeur le 21 décembre 2017 dans la Salle de Concert Tchaikovsky de Moscou, sous la forme d’une rétrospective de son œuvre.

Photo: Mariinsky Theater Saint-Pétersbourg