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Schott Music

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02/10/2017

Œuvre de la semaine – Aribert Reimann: L’Invisible

La nouvelle œuvre scénique d’Aribert Reimann L’Invisible plonge le spectateur dans une mystérieuse atmosphère de peur et de menace. La création de cette « Trilogie lyrique » est présentée au Deutsche Oper de Berlin à partir du 8 octobre dans une mise en scène de Vasily Barkhatov. Donald Runicles est au pupitre de cette œuvre, conçue d’après trois courtes pièces de Maurice Maeterlinck que Reimann a regroupées ensemble dans une grande diversité musicale et de contenu.

Lorsque Reimann assista, dans les années 80, à une représentation de L’intruse, Intérieur, et Les Aveugles à la Schaubühne de Berlin, il ressentit le besoin d’en faire un jour un opéra. Mais il s’écoula bien une trentaine d’années avant que cette idée ne devînt réalité. En choisissant, comme troisième pièce, La Mort de Tintagiles et non pas Les Aveugles, Reimann crée une unité de contenu dans l’intégralité des différentes parties en faisant figurer le personnage d’un jeune homme commun dans chacune des trois pièces.

Aribert Reimann – L’Invisible: vivre avec la mort

Dans L’Intruse, une famille attend le médecin qui doit donner ses soins à la jeune fille malade couchée dans le petit lit d’enfant. Mais avant même son arrivée, le grand-père aveugle est le seul à s’apercevoir de la présence de la mort. Cette première pièce est entièrement confiée au seul accompagnement des cordes jusqu’à la fin où retentit, dans une attaque des bois, le premier cri de l’enfant qui vient de naître, au moment où sa mère rend son dernier souffle. Trois contre-ténors personnifient le messager invisible – presque jusqu’à la fin de la pièce – par lequel Reimann représente le sentiment de la présence ininterrompue de la mort.

Dans Intérieur, le compositeur réduit l’instrumentation à la seule petite harmonie. De même que le grand-père et un étranger, le public regarde une famille par une fenêtre. L’étranger est en train de raconter qu’il a retiré la fille aînée du fleuve où elle s’est noyée. Au moment où le vieil homme commence à annoncer la terrible nouvelle à la famille, les deux filles, dans la pièce, reprennent déjà, dans leur prémonition, la mélodie précédemment chantée par les contre-ténors. Sur scène ne reste que le petit garçon qui, dans la troisième pièce, sera devenu Tintagiles. C’est dans La Mort de Tintagiles que Reimann fait pour la première fois entendre l’orchestre dans son entier. Une vieille reine fait mettre à mort tous ses héritiers potentiels. Dans la crainte qu’elle nourrisse l’intention d’en faire de même avec Tintagiles, les deux sœurs de ce dernier tentent en vain de le protéger. Les contre-ténors entrent en scène à la fin en tant que bourreaux de la reine. Reimann conclut l’œuvre avec le début de L’Intruse, comme si le cycle recommençait à son commencement.

Depuis qu’il est animé de vie, l’homme vit également avec la mort. Maeterlinck a montré cela en trois tableaux. Dans le troisième, quelqu’un est emmené et mis à mort. Chaque jour, des êtres humains sont assassinés sur un ordre inconnu. Quelqu’un fonce dans la foule, et nous ne savons aucunement qui ont été les commanditaires de ces meurtres. Ils sont invisibles, tout comme ici. – Aribert Reimann

Reimann a écrit aussi bien une version française qu’une version allemande du livret. La création a lieu en langue française avec sous-titres allemands et anglais. Après la première représentation du 8 octobre, d’autres représentations ont lieu les 18, 22, 25 et 31 octobre.