Paramètres
 
Panier (0 article)
Mon panier

Votre panier est vide.

Schott Music

Aller au contenu principal »

31/07/2017

Œuvre de la semaine – Carl Orff: Der Mond

Près de 80 ans après la création de l’opéra féérique de Carl Orff Der Mond (« La lune »), l’œuvre est maintenant en passe d’arriver bientôt à Taïwan : l’orchestre symphonique de Taipei en propose une production scénique au Théâtre national de Taipei, marquant ainsi la création de l’œuvre à Taïwan.

Le modèle de cette pièce en un acte, dont Orff a lui-même écrit le livret, est le conte Der Mond figurant dans le recueil de contes des frères Grimm. On trouve présents dès cette version d’origine les trois espaces de jeu théâtral – le ciel, la terre, les enfers – figurant le cosmos dans son entier, un univers dans lequel le maintien de l’ordre est assuré par Saint-Pierre. Cet univers permet à Orff de raconter son histoire à partir de la vision d’un jeune garçon, et c’est pourquoi il choisit pour sa pièce l’appellation de « petit théâtre du monde ».

À la hiérarchie verticale exposée depuis le ciel jusqu’aux enfers répond la partition horizontale de la terre. Cette dernière se compose de deux pays constituant chacun le miroir de l’autre, et devant chacun occuper la moitié de la scène.

Der Mond de Carl Orff : un petit théâtre du monde en tant que parabole de l’ordre cosmique.

Des deux moitiés de la terre se trouve d’abord seulement éclairée celle sur laquelle se trouve la lune. L’autre partie se trouve au contraire plongée, la nuit, dans l’obscurité. C’est de là que viennent quatre gaillards qui découvrent la lune attachée à un arbre, dans la partie claire ; sans hésiter, ils la volent pour éclairer leur propre village situé dans la partie obscure de la terre. Lorsqu’ils meurent les uns après les autres, des années plus tard, c’est à chaque fois un quart de la lune qui est enterré avec chacun d’eux et apporté dans les enfers. Réunie alors en son intégralité, la lune éveille les morts par sa lumière et les tire de la paix de leur tombeau. Et ces derniers reprennent leurs anciens modes de vie effrénés. Alarmé par le tumulte, Pierre descend remettre de l’ordre. Mais il cède lui-même à l’emprise de l’alcool, et prend part à la fête, jusqu’à ce qu’enfin, gagné par la fatigue, il ramène le peuple des enfers à la raison et ramène la lune dans le ciel, où, depuis, elle continue à éclairer le monde entier.

La musique est constituée de modèles tirés des exercices pédagogiques de Orff (Orff-Schulwerk) pour la lune, de sons semblables à ceux de In Taberna des Carmina Burana pour les enfers, ainsi que de refrains populaires et de musique de danse pour illustrer la vie des gens simples. Il utilise pour tout cela un important effectif orchestral de type romantique avec une forte nomenclature de percussions.

Cette histoire, que j’ai trouvée dans les ‘Contes de l’enfance et du foyer’ collectés et publiés par les frères Wilhelm et Jakob Grimm, m’a servi de sujet dans une pièce qui se présente comme une parabole permettant de méditer sur la vanité des efforts faits par les hommes pour troubler intentionnellement l’ordre du monde, et en même temps comme une parabole sur la délivrance, précisément dans cet ordre du monde.– Carl Orff.

Pendant trois jours de suite, du 4 au 6 août 2017, la pièce sera visible à Taipei. Un conseil pour les amis de la musique de Carl Orff habitant l’Europe centrale et ne souhaitant pas voyager aussi loin : le théâtre de marionnettes de Munich joue le 12 août une adaptation pour marionnettes de Carmina Burana.

Sur la page du profil de Carl Orff se trouvent d’autres annonces de programmation.